Château Rouge- une fiction, toute ressemblance avec la réalité serait stupéfiante...
Château Rouge
Château Rouge est une station de métro sur la ligne 4, porte d´Orléans- porte de Clignancourt. Elle se trouve après la station Barbes dans le 18 * arrondissement de Paris, à deux pas du Sacré Cœur sur la butte Montmartre haut lieu touristique, à la découverte d´un quartier dénaturé par la société de consommation. Or il y a une particularité flagrante qui est déterminée par ce boulevard Barbes, frontière imaginaire à l´intérieur du dit quartier qu´un policier conseillait, comme je l´entendis en passant devant lui rigoureusement à un touriste de ne pas franchir ce "gap" virtuel délimitant, selon ses propos, l´Afrique, lieu de toutes les malversations et le Paris des " Titi parisiens " de l´autre ! Des propos accablants et racistes pour un fonctionnaire français symbole de l´état républicain, cher à notre bien aimé président et son fameux : « le bruit et les odeurs » alors qu´il rêvait encore de devenir président de la « grande nation » Plus tard, Sarkozy fera des shows devant les caméras en tenant lui aussi des propos racistes...
Bref, ce flic déversait son immonde vision d´un quartier jadis propre et accueillant où il y faisait bon vivre or aujourd´hui les passants et plus généralement les habitants du quartier étaient noirs, originaire des Congo et d´Afrique plus généralement, tout comme les commerces du coin où la guerre des salons de beauté capillaire faisait rage au milieu des commerces asiatiques nombreux et ses jeunes femmes, toutes plus coquettes les unes que les autres avec des pétards à faire bander le plus impotent des hommes, ah Paris!!. En s´enfonçant dans le quartier à travers les Rues Myhra, Poissonnières , le public devient plus cosmopolite avec des commerces différents tenues par d´autres gens en revanche il semblerait que les français de souche aient définitivement boudés les lieux. D´ailleurs pour m´être « promener » si souvent dans ces rues afin d'étudier la sociologie du quartier , ses us et coutumes, les singularités et les clichés, je me trouvais étonnamment l´un des seuls blancs sur le trottoir au milieu de la foule qui naturellement n´en avait rien à foutre de ma couleur de peau! Mais la peur de l´inconnu est tenace dans l'esprit du citoyen gaulois alors il est plus prudent de ne pas s´aventurer en territoire étranger car tels sont les mots qui reviennent souvent dans la bouche de personnes n´ayant pratiquement jamais mis les pieds dans le 18 * du moins dans le quartier depuis la goutte d´or jusqu´à Marcadet poissonnière, Simplon. Ce qui est frappant reste le cloisonnement des populations par identité et langue, en somme une certaine forme de ghettoïsation . Le soi disant modèle français d´intégration semble un échec au regard du quartier.
Mais il y a à la station Château Rouge et ses environs le marché de la débrouille en tout genre, à la limite du licite enfin tout dépend de quel coté on se place pour porter un jugement, la vie n´est pas rose vous savez.
Par contre, il y a une scène tout à fait illicite, le marché des toxicomanies à ciel ouvert aux yeux de tous, la pharmacie ambulante est ouverte de bon matin jusque tard dans la nuit mais les heures ouvrables si je puis dire sont les plus animées, les plus colorées car intervient comme de bien entendu du bleu en uniforme assez voyant à vrai dire et omniprésent, pour rassurer ou inquiéter tout ces braves gens. La police donc veille au grain, tourne, contrôle, arrête et menotte, insulte de temps en temps pour affirmer sa présence symbolique, à l´instar d´un vrai cow boy que j´observais un jour avec dégoût tellement il était ignoble, affreux avec sa coupe GI, son paquet de muscle, fier de son uniforme qui lui donnait apparemment droit de vie ou de mort sur les jeunes surtout s´ils sont colorés et ou basanés. J´ai eu un seul contrôle assez musclé à subir ces dernières années en revanche je ne m´attardais jamais à discuter et palabrer avec les uns, suivre les autres, patienter car les stocks étaient épuisés alors la galère débutait. De plus, étant salarié, je ne pouvais m´éterniser or que faire face á la perspective du manque qui sera sans pitié surtout lorsque vous assurez l´accueil dans un internat. Donc, je tourne et retourne à la recherche de quoi tenir debout jusqu´au lendemain midi avec peut être plus de chance. D´autre part, il y a les périodes d´insécurités liées au plan Vigipirate d´où encore plus de flics, de contrôle et par conséquent de tension dans l´air. Et bien souvent, j´ai le sentiment que les forces de l´ordre se défoulent et laissent leur frustration sur les pauvres toxicos. Ce milieu, je le connais parce que j ý vais tous les deux jours acheter ma camelote, alors la hantise d´un contrôle inopiné, les poches pleines de skénan, subutex, rypnohl et enfin héroïne est bien présente enfin peu importe le produit que l´apothicaire vous remet sans ordonnance, la police vous le confisque.
La vente se fait aussi par groupe, il y a les antillais qui travaillent plus ou moins ensemble mais qui se crêpent le chignon pour des clients potentiels car la plus part sont camés, à l´exception de deux lascars propres peut être. Plus loin, les africains avec spécialement deux armoires à glaces le sourire aux lèvres qui me donnent l´impression de vendre dans la joie et la bonne humeur. Et enfin, quelques magrébins camés intermittents dans la vente mais consommateurs quotidien ; Autour d´eux gravitent une nuée de rabatteurs en tout genre, des toxicos en manque suppliant , emmerdant , alors la violence est à fleur de peau car ils dérangent le bisness. Aussi il n´est pas rare d´en venir aux mains et de voir éclater une bagarre avec toujours une ou deux voix féminines les suppliant d´arrêter et de se comporter comme des hommes raisonnables et non des chiens furieux. Il y a pas mal de femmes camées et surtout les vendeurs occasionnels qui essayent de faire une petite plus value misérable afin de consommer gratuitement surtout s´ils ont la CMU et reçoivent leurs médicaments gratuitement car il est commun de recevoir son ordonnance de buprénorphine haut dosage, de son médecin traitant pour quatre semaines toutefois tout ce petit peuple gravite autour du sulfate de morphine ou « Skan » pour les intimes, le produit phare, véritable héroïne du pauvre en gélule à prendre par voie orale mais que les toxicos s´injectent malgré les dangers d´abcès, bien difficile à écraser et diluer avec de l´ascorbique, citron, et de bien d´autres problèmes mais c´est le moyen le plus économique et le plus rapide de s´envoyer en l´air à un ou deux Euros. Le diable a pris la forme d´une gélule et les effets du sulfate de morphine sont terribles parce que si j´envisage de décrocher je vais subir un sevrage dur de 3 semaines alors que le sevrage d´héroïne physiquement se fera en 1 semaine grosso modo , c´est vous dire la dureté de cette merde tout comme les produits de substitution à l´instar du Subutex, en cachet à laisser fondre sous la langue et qui au départ devait être une alternative à la méthadone dans les programmes de substitution mais il fut détourner de son usage thérapeutique pour devenir une drogue au même titre que d´autres produits stupéfiant à haut dosage et dur que l´on trouve á profusion dans la rue. Il est aussi facile d´acheter du Subutex que du whisky au supermarché, c´est dire le malaise car certains deviennent dépendant de ces produits de substitution alors qu´ils n´avaient jamais connu le sevrage de l´héroïne aussi pour revenir à l´héroïne du pauvre ou Skénan, La boite de 14 se vend à 20-25- et plus généralement á 30 euros car la pénurie guette et un jour une nana me prédisait qu'il n´y aurait plus de Skan d´ici 3 mois. Elle s´était trompée notre madame soleil, rabatteuse de son état, pas encore décharnée par ces saloperies, heureusement pour elle car elle est adorable et gentille mais je ne voulais pas la brancher malgré une ouverture si évidente à mes yeux.
A ce prix, c´est un marché très rentable tout comme le caillou de crack que vous trouver avec leur vendeur dans les petites rues adjacentes, blottis à l´entrée de cours vieillottes. Et puis comme toujours les bandits qui essayent de vous vendre je ne sais quoi d´ emballées, mais qui peuvent très bien tomber sur un pigeon qui ne demande pas à voir la came avant de l´acheter ! Enfin, l´héroïne se trouve plus bas, près des magasins où une foule compacte fait l´accordéon sur le trottoir bien trop étroit dans ce capharnaüm mais l´ambiance en bas est électrique, malhonnête, sans compter tout ces bâtards qui s´attroupent comme des mouches à merde voulant absolument vous refourguer des portables, des cartes téléphoniques et j´en passe. Tout ce petit monde est partie intégrante du quartier que les riverains écoeurés observent tous les jours espérant dans leur for intérieur(au sein d´association) l´extermination de cette plèbe mouvante au gré des razzias et des mesures de police visant à éradiquer la toxicomanie et le marché parallèle des rues puis on s´aperçoit qu´il y a une forme de tolérance si elle est contrôlée, pourvue qu´elle ne déborde pas sur des quartiers plus chic, et là je vais me faire l´avocat du diable, des quartiers plus blancs, plus européens dira t´on ; il faut appeler un chat un chat et la France est un pays raciste et ce soi disant pays des droits de l´homme est à l´heure actuelle une blague obscène, vue la politique répressive menée tambour battant par un certain petit ministre de l´intérieur, l´opportuniste qui rêve de conquérir l´Élysée en 2007. Il y a en France bien trop de Le Pen à partir du centre, des populistes en verve qui ne pensent qu´à leur carrière et non au bien être des français ; Le fossé dans ce pays n´a jamais été aussi flagrant et actuellement les problèmes de banlieue donnent lieu á une surenchère populiste montrant le deux poids deux mesures avec à la clef une envie de rapatrier un nombre important d´étrangers. Enfin, les politiques considèrent les enfants d´immigrés, troisième génération née ici même comme une population pouvant tomber dans l´islamisme radical intolérant où chaque individu peut être un futur terroriste en puissance, alors on parle d´éducation, d´intégration mais bordel ils sont français tout ces gamins, c´est un non sens de causer intégration cela voudrait dire qu´ils sont exogènes à la république or ils n´ont pas de cartes de séjour. Donc, je n´y comprend absolument plus rien dans ce discours politiquement correct qui annihilent les causes profondes d´une politique d´exclusion depuis 30 ans. « Tous pourris » « que se van todos »Disaient les argentins á propos de leurs politiques. Ce discours, on peut l´entendre chez nous dans nos quartiers. Château rouge, une mine d´or pour les sociologues mais aussi un quartier exotique de Paris pour les curieux, les touristes étrangers qui souvent repartent chez eux complètement déboussolés par ce qu´ils ont vu à mille lieux de la célèbre culture française de Hugo à Balzac en passant par Bocuse et les peintres de Montmartre, brefs, cette France qu'ils avaient étudié dans les livres n´existe que dans la littérature. Un journaliste russe était écoeuré par ce qu´il avait connu à Paris et se dégageait de son article dans CI un sentiment général de xénophobie surtout lorsqu´il flânait autour de Château rouge. La boucle est bouclée avec un russe intello décriant une société malade de ces contradictions. Mais je dois revenir sur la malédiction qui me poursuit depuis tant d´années et qui me coûte financièrement la peau des couilles et physiquement un délabrement irréversible et masqué de mon corps et plus particulièrement de ma libido laquelle n´est plus ce qu´elle fût : le plus inquiétant dans cette histoire, reste mon indifférence face á mon sexe, bout d´appendice utile à pisser mais bientôt il m´est même difficile d´uriner correctement car mon outil dans ses fonctions biologiques subit les effets secondaires des drogues ingurgitées depuis trop longtemps maintenant. Ma forme physique est pitoyable et j´ai l´impression de vivre dans le corps d´un homme de soixante ans. En effet, un soir où j´étais à la recherche de dope et que j´arpentais comme un zombi les rues du quartier à la recherche d´un docteur , je m´apercevais tout á coup que des gens louches rodaient alors qu´ils avaient en principe rien à foutre ici bas ; le doute s´insinuait dans ma tête bien mal en point lorsque tout á coup je me trouvais nez à nez avec mon sauveur or au lieu d´être rapide dans la transaction , il perdait un temps fou à palabrer avec son compère pour je ne sais quelle futile connerie alors que grandissait ma nervosité face à ces yeux qui s´abattaient sur nous. Enfin, il se décidait á me servir, je le payais puis déguerpissais rapidement mais déjà des flics étaient pratiquement sur eux et moi je piquais un sprint dévalant le boulevard pour m´engouffrer dans le métro mais ce petit cent mètres m´avait tué et ma poitrine brûlait, se consumait tout comme mes maigres jambes devenues deux cotons tiges vacillant sur leur rotule. Putain, heureusement qu´ils n´avaient pris la peine ne serait ce de marcher vite car ils m´auraient sans aucun effort alpaguer. Mon sprint était un bien grand mot, je ressemblais plutôt á une tortue pressée. Dans un tel moment, je prends conscience de ma déchéance et de mon piteux état physique sans parler du moral…Un autre jour, je me retrouvais plaqué contre un mur les jambes écartées, à me faire tripoter de tout coté par des mains dénuées de tout sentiment et de tendresse puis les questions car ils n´avaient rien trouvé sur moi alors qu´ils étaient persuadés m´avoir vu acheter de la dope. Grâce á dieu ce jour là, je n´avais fait qu´écouter les divagations d´un type et non acheter car il n´était qu´un rabatteur. J´eus droit à une morale mal ficelée d´un flic en civil ayant certainement bac plus cinq doté d´une connaissance linguistique poussée de l´arabe dialectal ! A l´entendre, la police était une classe annexe de science po face à l´ingratitude de la société insatisfaite comme toujours des pauvres policiers mais ce jeune homme ne me respectait pas , me tutoyait et ne supportait pas mes remarques cinglantes assez critique or plus on discute et plus l´animosité croit ! Je m´aperçois bon gré mal gré que je n´arrête pas de dénigrer la police, la société et ses individus pour nombre de raisons récurrentes et qui me foutent le cafard, d´où vient ce mal être qui ne peut être seulement la faute des autres car je ne suis de mauvaise foi ? Chercher en vain les causes profondes de ma toxicomanie me déstabilise toujours un peu plus alors que je devrais me réjouir de mon emploi, de mon logement qui n´est pas le mien, de cette petite vie bien rangée qui m´apporte la sécurité alimentaire mais qui renforce chaque jour mon désir de fuir ce bled et cette mentalité ringarde dominante qui annihile les personnalités les plus originales pour les transformer en végétaux prés á être servis en hors d´œuvre. Le petit monde de la banlieue fauche les motivations, les esprits délicats ou joueurs pour les garder dans son carcan à l´exception de quelques individus chanceux accédant à l´intra-muros parisien et ainsi se débarrasser de ses putains d´oripeaux banlieusards qui leur collaient à la peau , véritable calvaire et boulet contre la réussite socio professionnelle, seule critère valable de reconnaissance sociale car s´ il vous prenait de clamer haut et fort que vous êtes un petit employé d´une quelconque administration on vous rit au nez ou même on vous ignore magistralement, regard oblique plein de mépris pour ce prolo voulant sortir de son tiroir, oh mon dieu quelle cynisme auquel le prolo que je suis doit faire face dans le quotidien de mon job.
je ne me permettais de juger les gens en fonction de leur travail, une étiquette maudite et indécrottable ne tenant compte de l´esprit, du savoir faire et enfin des expériences humaines et professionnelles, jardin secret et richesse intellectuelle inaliénable de chacun. Je sais maintenant que l´idiot sans le sou n´est pas toujours celui que l´on croit.
En attendant ma résurrection, j´ai décidé de m´éloigner pour toujours de château rouge, simple continuité pour moi depuis mon retour en France avec un changement dans la forme et le lieu mais le fond reste pourri car la toxicomanie va bon gré mal gré au delà des frontières et je dois reconnaître que la scène que j´ai connu ailleurs pour ne pas la citer était bien plus cool qu´ici bas á Paris, véritable enfer d´agressivité et de violence gratuite. J´ai pris une nouvelle fois la décision de confier mon âme et mon corps à des gens bien intentionnés dans une structure thérapeutique de substitution à la méthadone encadrée et sérieuse où une charmante femme psy m´écoute et travaille avec moi á chercher les causes de mon état actuel. Éternel déjà vu pour moi mais peu importe, je me stabilise et j´avance á petits pas. D´ailleurs, j´aime m´asseoir en face de cette charmante femme de mon age, si séduisante et belle. Même la secrétaire est exquise avec un regard et un sourire …Que de belles femmes dans cette maison du bon dieu en revanche les toxicos sont intenables et impatients, voulant tout de suite comme des enfants gâtés sinon ils partent au quart de tour dans un monologue imagé aux mille noms d´oiseaux croyant peut être de la sorte changer la donne. En parlant des toxicos, je me trompe gravement car je parle d´un tout compact or chaque individu est unique et donc parlant de moi, il m´est impossible de m´identifier à ces gens irrespectueux des infirmières françaises qui comme moi patientent dans cette petite salle pour consulter, le docteur, la psy ou l´infirmière bref, le seul point commun entre nous reste la dope qui nous a amené à se retrouver là.
Je n´ose plus mettre les pieds sur cette ligne 4 au delà de gare du nord même pour acheter des chaussures dans des magasins á prix cassés car la tentation et le risque de rencontre inopportune est bien trop grand sans oublier le bleu de bleu omniprésent dans la rue à la recherche de ces vendeurs ambulants. Adieu Château rouge tu ne me manqueras pas.
Château Rouge est une station de métro sur la ligne 4, porte d´Orléans- porte de Clignancourt. Elle se trouve après la station Barbes dans le 18 * arrondissement de Paris, à deux pas du Sacré Cœur sur la butte Montmartre haut lieu touristique, à la découverte d´un quartier dénaturé par la société de consommation. Or il y a une particularité flagrante qui est déterminée par ce boulevard Barbes, frontière imaginaire à l´intérieur du dit quartier qu´un policier conseillait, comme je l´entendis en passant devant lui rigoureusement à un touriste de ne pas franchir ce "gap" virtuel délimitant, selon ses propos, l´Afrique, lieu de toutes les malversations et le Paris des " Titi parisiens " de l´autre ! Des propos accablants et racistes pour un fonctionnaire français symbole de l´état républicain, cher à notre bien aimé président et son fameux : « le bruit et les odeurs » alors qu´il rêvait encore de devenir président de la « grande nation » Plus tard, Sarkozy fera des shows devant les caméras en tenant lui aussi des propos racistes...
Bref, ce flic déversait son immonde vision d´un quartier jadis propre et accueillant où il y faisait bon vivre or aujourd´hui les passants et plus généralement les habitants du quartier étaient noirs, originaire des Congo et d´Afrique plus généralement, tout comme les commerces du coin où la guerre des salons de beauté capillaire faisait rage au milieu des commerces asiatiques nombreux et ses jeunes femmes, toutes plus coquettes les unes que les autres avec des pétards à faire bander le plus impotent des hommes, ah Paris!!. En s´enfonçant dans le quartier à travers les Rues Myhra, Poissonnières , le public devient plus cosmopolite avec des commerces différents tenues par d´autres gens en revanche il semblerait que les français de souche aient définitivement boudés les lieux. D´ailleurs pour m´être « promener » si souvent dans ces rues afin d'étudier la sociologie du quartier , ses us et coutumes, les singularités et les clichés, je me trouvais étonnamment l´un des seuls blancs sur le trottoir au milieu de la foule qui naturellement n´en avait rien à foutre de ma couleur de peau! Mais la peur de l´inconnu est tenace dans l'esprit du citoyen gaulois alors il est plus prudent de ne pas s´aventurer en territoire étranger car tels sont les mots qui reviennent souvent dans la bouche de personnes n´ayant pratiquement jamais mis les pieds dans le 18 * du moins dans le quartier depuis la goutte d´or jusqu´à Marcadet poissonnière, Simplon. Ce qui est frappant reste le cloisonnement des populations par identité et langue, en somme une certaine forme de ghettoïsation . Le soi disant modèle français d´intégration semble un échec au regard du quartier.
Mais il y a à la station Château Rouge et ses environs le marché de la débrouille en tout genre, à la limite du licite enfin tout dépend de quel coté on se place pour porter un jugement, la vie n´est pas rose vous savez.
Par contre, il y a une scène tout à fait illicite, le marché des toxicomanies à ciel ouvert aux yeux de tous, la pharmacie ambulante est ouverte de bon matin jusque tard dans la nuit mais les heures ouvrables si je puis dire sont les plus animées, les plus colorées car intervient comme de bien entendu du bleu en uniforme assez voyant à vrai dire et omniprésent, pour rassurer ou inquiéter tout ces braves gens. La police donc veille au grain, tourne, contrôle, arrête et menotte, insulte de temps en temps pour affirmer sa présence symbolique, à l´instar d´un vrai cow boy que j´observais un jour avec dégoût tellement il était ignoble, affreux avec sa coupe GI, son paquet de muscle, fier de son uniforme qui lui donnait apparemment droit de vie ou de mort sur les jeunes surtout s´ils sont colorés et ou basanés. J´ai eu un seul contrôle assez musclé à subir ces dernières années en revanche je ne m´attardais jamais à discuter et palabrer avec les uns, suivre les autres, patienter car les stocks étaient épuisés alors la galère débutait. De plus, étant salarié, je ne pouvais m´éterniser or que faire face á la perspective du manque qui sera sans pitié surtout lorsque vous assurez l´accueil dans un internat. Donc, je tourne et retourne à la recherche de quoi tenir debout jusqu´au lendemain midi avec peut être plus de chance. D´autre part, il y a les périodes d´insécurités liées au plan Vigipirate d´où encore plus de flics, de contrôle et par conséquent de tension dans l´air. Et bien souvent, j´ai le sentiment que les forces de l´ordre se défoulent et laissent leur frustration sur les pauvres toxicos. Ce milieu, je le connais parce que j ý vais tous les deux jours acheter ma camelote, alors la hantise d´un contrôle inopiné, les poches pleines de skénan, subutex, rypnohl et enfin héroïne est bien présente enfin peu importe le produit que l´apothicaire vous remet sans ordonnance, la police vous le confisque.
La vente se fait aussi par groupe, il y a les antillais qui travaillent plus ou moins ensemble mais qui se crêpent le chignon pour des clients potentiels car la plus part sont camés, à l´exception de deux lascars propres peut être. Plus loin, les africains avec spécialement deux armoires à glaces le sourire aux lèvres qui me donnent l´impression de vendre dans la joie et la bonne humeur. Et enfin, quelques magrébins camés intermittents dans la vente mais consommateurs quotidien ; Autour d´eux gravitent une nuée de rabatteurs en tout genre, des toxicos en manque suppliant , emmerdant , alors la violence est à fleur de peau car ils dérangent le bisness. Aussi il n´est pas rare d´en venir aux mains et de voir éclater une bagarre avec toujours une ou deux voix féminines les suppliant d´arrêter et de se comporter comme des hommes raisonnables et non des chiens furieux. Il y a pas mal de femmes camées et surtout les vendeurs occasionnels qui essayent de faire une petite plus value misérable afin de consommer gratuitement surtout s´ils ont la CMU et reçoivent leurs médicaments gratuitement car il est commun de recevoir son ordonnance de buprénorphine haut dosage, de son médecin traitant pour quatre semaines toutefois tout ce petit peuple gravite autour du sulfate de morphine ou « Skan » pour les intimes, le produit phare, véritable héroïne du pauvre en gélule à prendre par voie orale mais que les toxicos s´injectent malgré les dangers d´abcès, bien difficile à écraser et diluer avec de l´ascorbique, citron, et de bien d´autres problèmes mais c´est le moyen le plus économique et le plus rapide de s´envoyer en l´air à un ou deux Euros. Le diable a pris la forme d´une gélule et les effets du sulfate de morphine sont terribles parce que si j´envisage de décrocher je vais subir un sevrage dur de 3 semaines alors que le sevrage d´héroïne physiquement se fera en 1 semaine grosso modo , c´est vous dire la dureté de cette merde tout comme les produits de substitution à l´instar du Subutex, en cachet à laisser fondre sous la langue et qui au départ devait être une alternative à la méthadone dans les programmes de substitution mais il fut détourner de son usage thérapeutique pour devenir une drogue au même titre que d´autres produits stupéfiant à haut dosage et dur que l´on trouve á profusion dans la rue. Il est aussi facile d´acheter du Subutex que du whisky au supermarché, c´est dire le malaise car certains deviennent dépendant de ces produits de substitution alors qu´ils n´avaient jamais connu le sevrage de l´héroïne aussi pour revenir à l´héroïne du pauvre ou Skénan, La boite de 14 se vend à 20-25- et plus généralement á 30 euros car la pénurie guette et un jour une nana me prédisait qu'il n´y aurait plus de Skan d´ici 3 mois. Elle s´était trompée notre madame soleil, rabatteuse de son état, pas encore décharnée par ces saloperies, heureusement pour elle car elle est adorable et gentille mais je ne voulais pas la brancher malgré une ouverture si évidente à mes yeux.
A ce prix, c´est un marché très rentable tout comme le caillou de crack que vous trouver avec leur vendeur dans les petites rues adjacentes, blottis à l´entrée de cours vieillottes. Et puis comme toujours les bandits qui essayent de vous vendre je ne sais quoi d´ emballées, mais qui peuvent très bien tomber sur un pigeon qui ne demande pas à voir la came avant de l´acheter ! Enfin, l´héroïne se trouve plus bas, près des magasins où une foule compacte fait l´accordéon sur le trottoir bien trop étroit dans ce capharnaüm mais l´ambiance en bas est électrique, malhonnête, sans compter tout ces bâtards qui s´attroupent comme des mouches à merde voulant absolument vous refourguer des portables, des cartes téléphoniques et j´en passe. Tout ce petit monde est partie intégrante du quartier que les riverains écoeurés observent tous les jours espérant dans leur for intérieur(au sein d´association) l´extermination de cette plèbe mouvante au gré des razzias et des mesures de police visant à éradiquer la toxicomanie et le marché parallèle des rues puis on s´aperçoit qu´il y a une forme de tolérance si elle est contrôlée, pourvue qu´elle ne déborde pas sur des quartiers plus chic, et là je vais me faire l´avocat du diable, des quartiers plus blancs, plus européens dira t´on ; il faut appeler un chat un chat et la France est un pays raciste et ce soi disant pays des droits de l´homme est à l´heure actuelle une blague obscène, vue la politique répressive menée tambour battant par un certain petit ministre de l´intérieur, l´opportuniste qui rêve de conquérir l´Élysée en 2007. Il y a en France bien trop de Le Pen à partir du centre, des populistes en verve qui ne pensent qu´à leur carrière et non au bien être des français ; Le fossé dans ce pays n´a jamais été aussi flagrant et actuellement les problèmes de banlieue donnent lieu á une surenchère populiste montrant le deux poids deux mesures avec à la clef une envie de rapatrier un nombre important d´étrangers. Enfin, les politiques considèrent les enfants d´immigrés, troisième génération née ici même comme une population pouvant tomber dans l´islamisme radical intolérant où chaque individu peut être un futur terroriste en puissance, alors on parle d´éducation, d´intégration mais bordel ils sont français tout ces gamins, c´est un non sens de causer intégration cela voudrait dire qu´ils sont exogènes à la république or ils n´ont pas de cartes de séjour. Donc, je n´y comprend absolument plus rien dans ce discours politiquement correct qui annihilent les causes profondes d´une politique d´exclusion depuis 30 ans. « Tous pourris » « que se van todos »Disaient les argentins á propos de leurs politiques. Ce discours, on peut l´entendre chez nous dans nos quartiers. Château rouge, une mine d´or pour les sociologues mais aussi un quartier exotique de Paris pour les curieux, les touristes étrangers qui souvent repartent chez eux complètement déboussolés par ce qu´ils ont vu à mille lieux de la célèbre culture française de Hugo à Balzac en passant par Bocuse et les peintres de Montmartre, brefs, cette France qu'ils avaient étudié dans les livres n´existe que dans la littérature. Un journaliste russe était écoeuré par ce qu´il avait connu à Paris et se dégageait de son article dans CI un sentiment général de xénophobie surtout lorsqu´il flânait autour de Château rouge. La boucle est bouclée avec un russe intello décriant une société malade de ces contradictions. Mais je dois revenir sur la malédiction qui me poursuit depuis tant d´années et qui me coûte financièrement la peau des couilles et physiquement un délabrement irréversible et masqué de mon corps et plus particulièrement de ma libido laquelle n´est plus ce qu´elle fût : le plus inquiétant dans cette histoire, reste mon indifférence face á mon sexe, bout d´appendice utile à pisser mais bientôt il m´est même difficile d´uriner correctement car mon outil dans ses fonctions biologiques subit les effets secondaires des drogues ingurgitées depuis trop longtemps maintenant. Ma forme physique est pitoyable et j´ai l´impression de vivre dans le corps d´un homme de soixante ans. En effet, un soir où j´étais à la recherche de dope et que j´arpentais comme un zombi les rues du quartier à la recherche d´un docteur , je m´apercevais tout á coup que des gens louches rodaient alors qu´ils avaient en principe rien à foutre ici bas ; le doute s´insinuait dans ma tête bien mal en point lorsque tout á coup je me trouvais nez à nez avec mon sauveur or au lieu d´être rapide dans la transaction , il perdait un temps fou à palabrer avec son compère pour je ne sais quelle futile connerie alors que grandissait ma nervosité face à ces yeux qui s´abattaient sur nous. Enfin, il se décidait á me servir, je le payais puis déguerpissais rapidement mais déjà des flics étaient pratiquement sur eux et moi je piquais un sprint dévalant le boulevard pour m´engouffrer dans le métro mais ce petit cent mètres m´avait tué et ma poitrine brûlait, se consumait tout comme mes maigres jambes devenues deux cotons tiges vacillant sur leur rotule. Putain, heureusement qu´ils n´avaient pris la peine ne serait ce de marcher vite car ils m´auraient sans aucun effort alpaguer. Mon sprint était un bien grand mot, je ressemblais plutôt á une tortue pressée. Dans un tel moment, je prends conscience de ma déchéance et de mon piteux état physique sans parler du moral…Un autre jour, je me retrouvais plaqué contre un mur les jambes écartées, à me faire tripoter de tout coté par des mains dénuées de tout sentiment et de tendresse puis les questions car ils n´avaient rien trouvé sur moi alors qu´ils étaient persuadés m´avoir vu acheter de la dope. Grâce á dieu ce jour là, je n´avais fait qu´écouter les divagations d´un type et non acheter car il n´était qu´un rabatteur. J´eus droit à une morale mal ficelée d´un flic en civil ayant certainement bac plus cinq doté d´une connaissance linguistique poussée de l´arabe dialectal ! A l´entendre, la police était une classe annexe de science po face à l´ingratitude de la société insatisfaite comme toujours des pauvres policiers mais ce jeune homme ne me respectait pas , me tutoyait et ne supportait pas mes remarques cinglantes assez critique or plus on discute et plus l´animosité croit ! Je m´aperçois bon gré mal gré que je n´arrête pas de dénigrer la police, la société et ses individus pour nombre de raisons récurrentes et qui me foutent le cafard, d´où vient ce mal être qui ne peut être seulement la faute des autres car je ne suis de mauvaise foi ? Chercher en vain les causes profondes de ma toxicomanie me déstabilise toujours un peu plus alors que je devrais me réjouir de mon emploi, de mon logement qui n´est pas le mien, de cette petite vie bien rangée qui m´apporte la sécurité alimentaire mais qui renforce chaque jour mon désir de fuir ce bled et cette mentalité ringarde dominante qui annihile les personnalités les plus originales pour les transformer en végétaux prés á être servis en hors d´œuvre. Le petit monde de la banlieue fauche les motivations, les esprits délicats ou joueurs pour les garder dans son carcan à l´exception de quelques individus chanceux accédant à l´intra-muros parisien et ainsi se débarrasser de ses putains d´oripeaux banlieusards qui leur collaient à la peau , véritable calvaire et boulet contre la réussite socio professionnelle, seule critère valable de reconnaissance sociale car s´ il vous prenait de clamer haut et fort que vous êtes un petit employé d´une quelconque administration on vous rit au nez ou même on vous ignore magistralement, regard oblique plein de mépris pour ce prolo voulant sortir de son tiroir, oh mon dieu quelle cynisme auquel le prolo que je suis doit faire face dans le quotidien de mon job.
je ne me permettais de juger les gens en fonction de leur travail, une étiquette maudite et indécrottable ne tenant compte de l´esprit, du savoir faire et enfin des expériences humaines et professionnelles, jardin secret et richesse intellectuelle inaliénable de chacun. Je sais maintenant que l´idiot sans le sou n´est pas toujours celui que l´on croit.
En attendant ma résurrection, j´ai décidé de m´éloigner pour toujours de château rouge, simple continuité pour moi depuis mon retour en France avec un changement dans la forme et le lieu mais le fond reste pourri car la toxicomanie va bon gré mal gré au delà des frontières et je dois reconnaître que la scène que j´ai connu ailleurs pour ne pas la citer était bien plus cool qu´ici bas á Paris, véritable enfer d´agressivité et de violence gratuite. J´ai pris une nouvelle fois la décision de confier mon âme et mon corps à des gens bien intentionnés dans une structure thérapeutique de substitution à la méthadone encadrée et sérieuse où une charmante femme psy m´écoute et travaille avec moi á chercher les causes de mon état actuel. Éternel déjà vu pour moi mais peu importe, je me stabilise et j´avance á petits pas. D´ailleurs, j´aime m´asseoir en face de cette charmante femme de mon age, si séduisante et belle. Même la secrétaire est exquise avec un regard et un sourire …Que de belles femmes dans cette maison du bon dieu en revanche les toxicos sont intenables et impatients, voulant tout de suite comme des enfants gâtés sinon ils partent au quart de tour dans un monologue imagé aux mille noms d´oiseaux croyant peut être de la sorte changer la donne. En parlant des toxicos, je me trompe gravement car je parle d´un tout compact or chaque individu est unique et donc parlant de moi, il m´est impossible de m´identifier à ces gens irrespectueux des infirmières françaises qui comme moi patientent dans cette petite salle pour consulter, le docteur, la psy ou l´infirmière bref, le seul point commun entre nous reste la dope qui nous a amené à se retrouver là.
Je n´ose plus mettre les pieds sur cette ligne 4 au delà de gare du nord même pour acheter des chaussures dans des magasins á prix cassés car la tentation et le risque de rencontre inopportune est bien trop grand sans oublier le bleu de bleu omniprésent dans la rue à la recherche de ces vendeurs ambulants. Adieu Château rouge tu ne me manqueras pas.
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