la propagande anti chiite des wahhabites sur le net
La propagande anti chiite des wahhabites
Une importante production arabe saoudienne dans les années 2000 réalisa une série TV «Al Hassan wa’l al Husayn1» tirée de l’ouvrage homonyme du même nom. Le Livre est devenu une véritable bible dans le royaume wahhabite pour nombre de prédicateurs incultes.
On peut lire en introduction:
- «Cette encyclopédie est le résultat de nombreuses années de recherches et de lectures concernant le hadith, la tradition. Je vais vous présenter le fruit de ces recherches sous leur meilleur aspect dont le contenu n’est pas uniquement biographique. En outre, ce travail se veut un soutien pour la communauté en lui apprenant comment lire l’histoire et profiter de ce passé.»
Voyons donc à la page 191 le chapitre à propos de la position de ‘Umar concernant la progéniture du prophète, Fatima. Son titre: -«L’amour qu’avait al farouq pour ‘Ali et Fatima al Zahra»:- «O fille du messager de dieu (sawa), personne de la création ne nous est plus chère que ton père et personne de la création ne nous est plus chère après ton père que toi». Il ferme les guillemets puis donne la référence, mussanaf, ibn abi Shaybah ajoutant que la chaîne de transmission est authentique.
Voyons la dite source originale, al Mussanaf, p.579:
- «Par Dieu, nous n’aimons personne de la création plus que ton père et nous n’aimons personne plus que toi. Mais par dieu, cela ne m’empêchera pas d’ordonner à ces gens de brûler sur vous la maison quand ils se rassembleront.»
Voilà un exemple parfait de manipulation des sources scripturaires sunnites. Cette dissimulation permet de tromper le croyant. Après la mort du prophète et son inhumation, les quelques compagnons restés loyaux à la famille prophétique et aux injonctions coraniques sur la succession se réunissaient chez Fatima. Il appert que la fille du prophète ne resta pas inactive, bien au contraire, durant cette période de fitna exécrable confuse voire dangereuse pour leur intégrité physique comme on le note dans les menaces explicites de ‘Umar et de ses hommes de main. Elle donna un discours remarquable à la mosquée. En effet, elle harangua les gens de Médine pour leur abandon de la vérité mais aussi leur soutien à sa famille. Bref, il appert que ‘Umar et Abu Bakr eurent vent de ces réunions privées en compagnie de Zubayr, Ibn Ma’sud, Salman, ‘Ammar, abu Dharr, Miqdad aussi, ils ne pouvaient le tolérer plus longtemps car ces cinq hommes et la fille du prophète n’avaient toujours pas fait allégeance à Abu Bakr. Cela démontre que la succession n’était pas cette affaire harmonieuse et consensuelle telle que présentée par l’orthodoxie!
Tels sont le sens des propos va t’en guerre de ‘Umar jurant de mettre le feu à sa demeure. Les nouvelles rééditions wahhabites occultent toutes les paroles en opposition avec la mytho-idéologie sunnite. Ce genre d’exemple est tabou pour «l’orthodoxie» musulmane en raison du ton sulfureux employé par le compagnon. Ce dernier veut absolument par tous les moyens inimaginables arriver à ses fins. De tels propos sont pourtant pléthoriques dans l’historiographie musulmane et en dépit de ce fait avéré, la conscience collective populaire islamique ne sait plus rien de cette histoire dramatique, mutilée et mutilante tant dans sa lettre que son esprit...En effet, la mémoire2 écrite, celle qui fut canonisée est de nouveau bafouée à notre époque moderne comme on s’en rend compte dans ces exemples éditoriaux cités ci dessus avec les occultations exercées par des pseudo religieux au nom de l’idéologie dominante wahhabite hégémonique depuis des décades.
Cet ouvrage clame vouloir éduquer la communauté. Or, une recherche livresque comparée et accompagnée avec un peu de bon sens et d´esprit critique permettent in fine de démasquer les nombreuses tromperies wahhabites. Voilà un exemple parmi d’autres de cette ignorance institutionnalisée dont nous avons déjà parlé laquelle malheureusement gangrène cette société qui de surcroît impose son hégémonie religieuse avec ses pétrodollars dans nombre de pays travaillés par le fait islamique mais pas uniquement...
Le wahhabisme fut fondé au XVIII siècle dans la péninsule arabique par le prédicateur et théologien Mohammed ibn Abdel Wahhab (1703-1792). Ce mouvement rigoriste fut à l’origine vu comme une hérésie par les docteurs de la foi, ulama dans le monde islamique. Son fondateur est de tradition hanbalite. Il aurait étudié à Basra et peut être Médine. Il entreprit de réformer la pratique de l'islam en s'inspirant largement des idées de son mentor Ibn Taymiyya (1263-1328) lequel est bien connu pour son aversion des chiites. Il est donc judicieux ici de donner quelques brèves informations à son propos.
Ibn Taymiyya appartient à une époque très troublée et pleine d’incertitude que fut le XIII siècle. En effet, il tenta d'organiser le Jihad contre les mongoles qui mirent définitivement fin à la fiction du califat abbasside de Bagdad; il qualifiait ces hommes de mécréants. Il était contre toute innovation et dénonçait en vrac tant al-Ghazzali que Ibn Arabi, les philosophes, les chiites. Son œuvre considérable montre en outre une affinité mystique avec le soufisme. Son radicalisme lui valut à plusieurs reprises la prison mamelouk où il rendit son ultime soupir. Cependant, on ne peut caricaturer à ce point un tel penseur dont la pensée et les œuvres sont riches et complexes. Pour conclure disons que l'élève ne fut pas à la hauteur du maître. Ensuite, nous avons le second terme renvoyant à un clan majeur de Quraych: banu Umayya connu pour leur farouche hostilité à l'égard du prophète durant pratiquement tout le ministère apostolique de Muhammad ibn ‘Abdallah 610-632 notamment abu Sufyan que la tradition présente comme le leader de l'opposition à Muhammad. Il se convertit tardivement contraint du bout des lèvres seulement, si l’on en croit la tradition musulmane. C’est l’une des raisons pour laquelle il est considéré comme un hypocrite, munafiqun par les croyants de la première heure; il refusa l'islam certainement par pur pragmatisme comme les nombreux acteurs sociaux puissants de sa tribu pour son caractère subversif qui allait à l’encontre de leur mode existentiel donc profane. En effet, appartenant à un clan économiquement et politiquement puissant et respecté, il n'avait aucun intérêt à rejoindre cette alliance foncièrement «sociale et égalitaire»- pour reprendre un lexique moderne. Par ailleurs, Muhammad n’était pas son égal car, il était orphelin de père même s’il était issu d'un clan prestigieux banu Hashim par ailleurs, parent, cousin. Certes, l’époque glorieuse du clan hachémite remonte au grand-père de Muhammad. Par conséquent, Abu Sufyan ne voulait en aucun cas perdre son statut, ses privilèges surtout après la mort des anciens à Badr. Bref, son refus d’entrer dans cette nouvelle alliance est du strict point de vue anthropologique sociologique logique. En somme, il n’avait rien à y gagner...
Or, il appert que ce clan puissant s'imposera trente ans seulement après la mort du prophète à la tête de l’empire islamique avec son fils Mu'awiya en 661 du comput des nations prenant Damas pour capitale. Il a fondé une dynastie héréditaire. Enfin, troisièmement, nous avons le terme de salaf désignant les anciens ou bien les premiers compagnons de Muhammad donc les débuts de l’alliance tribale nouvelle qui devint «l'islam» en tant que religion d´empire. Ils sont littéralement installés sur un piédestal par l’orthodoxie sunnite et plus encore par les wahhabites lesquels les voient comme les parangons de l'excellence, le modèle à suivre, le symbole de cet «islam de Médine» originel à retrouver!
Ce n'est donc pas celui à proprement parler de Damas et des omeyyades. Ces prédicateurs dans leurs émissions s'insurgent contre toute critique touchant les principaux postulats et attributs de cet idéal mytho idéologique bricolé de toute pièce comme nous nous en sommes rendus compte au cours de notre enquête en relevant ici et là quelques lieux communs à commencer par les «dix compagnons promis au paradis» dont nous avons vu ce qu’ils firent au moment et après la mort du guide tout comme la très controversée ‘A’isha «mère des croyants», mais aussi les deux premiers représentants de la dynastie omeyyade, Mu'awiyah, et son fils Yazid lesquels incarnent la royauté mais, surtout un tribalisme ancien de Quraych dont les omeyyades sont le parfait prototype. Les prédicateurs incultes sacralisent Mu’awiyah en insistant sur son titre de scribe de la révélation et du prophète afin de faire de lui un homme honorable pieux proche du prophète. Ils le qualifient «d’oncle de la révélation» (sic) en raison de liens anciens constitués par le mariage avec le clan hachémite. Ils oublient volontairement le caractère familial plus que problématique entre les frères siamois Abd Shams et Hashim soit, Umayyade et Hachémite séparés à la naissance, selon la légende, dans le sang par la lame. Finalement, Mu’awiya fut pour eux le roi idéal pour la communauté des croyants car celle ci connut durant son règne prospérité et paix. Nous sommes dans la mytho-histoire hors de toute réalité contextuelle puisqu’ils ont occulté la lettre et falsifié l’esprit des écritures de l’histoire musulmane léguée à la postérité. Cependant, nous précisions en introduction que notre attention se portait avant tout sur le fait religieux tel qu’il était compris des prédicateurs plus que les historiens de métiers qui sont des juges d´instruction. Les nombreuses émissions religieuses sur les choses de la foi sont pléthoriques dans le royaume saoudien outre qu’elles sont dénuées de toute rigueur intellectuelle et didactique. Pour conclure sur une note humoristique disons que la longueur de leur barbe est égale à leur ignorance du fait islamique. Mais, qu'à cela ne tienne, leurs sympathisants et autres fidèles téléspectateurs n’en ont cure puisqu’ils leurs attribuent des eulogies du genre: «l'honorable cheikh, l'ascète, l'érudit, le jurisconsulte, le fiable, etc» comme dans l'introduction de l'une de leurs émissions présentant l'invité sous la forme d'un témoignage d'une personne anonyme en voix off. Ainsi, le téléspectateur doit assurément trépigner d'impatience devant son petit écran en espérant s'abreuver de tant de sagesse coulant tel un flot ininterrompu durant les 50 minutes réservées à l'intervenant qualifié de vénérable érudit. Hélas, la suite s’avère être un florilège d'insultes et surtout une méconnaissance totale des sources historiographiques musulmanes. Nous sommes littéralement sidérés par le contraste intellectuel saisissant entre la rigueur académique des causeries de l'école jafarite, enseignants, prédicateurs et de l’autre l’inculture crasse des prédicateurs wahhabites ayant pignon sur rue. Les écoles chiites sont en dépit d'une discrétion caractéristique de leur histoire tragique bien représentée dans le monde entier avec une diaspora engagée utilisant tous les outils médiatiques modernes.
La propagande wahhabite avec ses pétrodollars porte ses fruits après plus de trente ans de forcing aux quatre coins du monde où fondations caritatives, écoles, centres culturels marquent l´hégémonie wahhabite de son emprunte.
Néanmoins, concentrons nous sur notre outil, YouTube. Nous y avons effectivement déniché des perles à l'instar du pseudo cheikh Muhammad Soghbi dont la vulgarité édifiante est incapable de différencier une chèvre d'un caméléon. Toutefois, rien ne l’arrête puisque ce dernier réclame à l'antenne d'une voix tonitruante vouloir:« débattre avec un Ali al Sistani, ajoutant sans rire «ce que je fais en dormant!» Sans commentaire. En second lieu, il y a le «cheikh» Uthman al Khamsi lequel s'estime être un grand débatteur (sic) se targuant de vouloir dévoiler la supercherie et la mesquinerie des chiites. Enfin, les nombreuses émissions où les présentateurs qui sont eux-mêmes les producteurs insultent leurs invités sur le plateau en direct les nommant «des chiens (chiites) dont l'islam ne veut pas...». Or, ces «hommes de dieu» se recommandant d'un dieu miséricordieux, sage, clément ne suivent absolument pas le verset coranique recommandant aux hommes grosso modo «de s’entretenir de la meilleur des manières dans les règle de l’art avec courtoisie et respect». Le prédicateur palestinien sunnite vivant et travaillant en Autriche faisait remarquer à ses «frères wahhabites» d'étudier les textes plutôt que de prendre pour argent comptant tout et n’importe quoi. Ses propos tenus sur YouTube lui valent régulièrement son lot d’insultes et de menaces récurrentes de ces prédicateurs comme: scheik Salim, scheik ´Uthman al khamis, cheikh Adnan 'Ar'our etc.
Un érudit religieux saoudien, Salih al Fawzan, s’inquiétait de l'importance croissante dans le royaume de ces pseudo savants qualifiés de cheikh sur tous les plateaux TV. En effet, il a consacré un chapitre dans son ouvrage Siyanat al salafi, à la page 530, intitulé Adnan 'Ar'our, dont, nous avons entrevu vaguement le spécimen:
- «cet homme n'est pas un savant. Il est venu au Royaume en tant qu'artisan ou salarié(?)(...), il a fini par montrer son vrai visage et ce qui l'animait. Je conseille aux jeunes saoudiens et salafistes de le boycotter, de s'abstenir de suivre ses «cours» et causeries comme du reste ceux de ses semblables!» Le message de cet académicien est on ne peut plus clair. Ces individus maudissent à longueur de temps des gens comme le docteur Adnan Ibrahim. Mais, ils diffament surtout les chiites qui sont véritablement leurs boucs émissaires. Nous avons suivi la khutba d'un imam wahhabite du royaume saoudien lequel fut arrêté puis emprisonné peu de temps après son sermon. Toutefois, nous ne connaissons pas les antécédents de ce gestionnaire du sacré. Cependant, on remarque qu’il existe de nombreuses vidéos et autres messages de soutien à ce «grand savant» (dans le texte) qui par ailleurs, est producteur et présentateur d'émissions TV sur la foi musulmane. Ces acteurs sociaux cultivent une ignorance érigée en religion plus populiste que populaire devenue malheureusement un fléau mondial d´ailleurs, les propos de ce professeur d´université saoudien sont éloquents.
Nous avons remarqué sur YouTube, une vidéo au titre évocateur «pourquoi j'ai quitté le wahhabisme» de la part d'un imam jadis étudiant en sciences religieuses dont nous tairons le nom; néanmoins, il est facilement identifiable. Il a par ailleurs mis en ligne un cours de «vulgarisation» sur les origines du chiisme où il reprend en cinquante minutes la litanie wahhabite pro omeyyade sur le fondateur de la secte chiite. Cet homme serait le juif converti Ibn Saba, bref, une véritable désinformation guidée par le soucis de l´idéologie salafiste wahhabite. On ne peut que conseiller à l’internaute lambda occidental de se diriger vers les nombreux ouvrages de vulgarisation voire les œuvres spécialisées sur le chiisme écrits par des universitaires (musulmans ou non) compétents traduits dans de nombreuses langues européennes voire islamiques. Un nombre important de ces travaux sont accessibles par ailleurs en ligne souvent en lecture libre voire payante pour l'internaute désirant parfaire son éducation religieuse d´une part et d´autre part, cultiver de manière plus scientifique le fait islamique à proprement parler. Les ouvrages médiévaux arabes de la tradition musulmane sont traduits commentés annotés par des orientalistes européens depuis le XIX siècle en anglais, allemand, français et nombreux sont les ouvrages et autres articles spécialisés d´universitaires, mémoires d´étudiants en islamologie appliquée. Les exemples de dérives morbides ne manquent pas dans l'histoire des hommes en raison des idéologies de combat appliquées littéralement au pied de la lettre à l’instar des djihadistes pour reprendre le vocabulaire des médias européens qui sont actuellement à l’œuvre en Syrie, Yémen....Il nous suffit de nous remémorer les terribles attaques de type militaire perpétrées contre deux hôpitaux syrien et yéménite, il n'y a pas si longtemps. Elles passèrent quasiment inaperçues dans les médias mainstream occidentaux puisqu´elles ne touchèrent pas des ressortissants européens. Les caméras de surveillance de ses hôpitaux capturèrent les faits, preuves irréfutables- même si nous savons que toute image est manipulable à loisir- de ces abominations perpétrées de sang froid par des criminels téléguidés par des démagogues dont les images servent ensuite à leur propagande sur le net. On distinguait dans un encadré en aparté un barbu inculte commentant ces scènes de meurtres convoquant de surcroît le «héros» de l'islam «Khalid ibn al Walid dit sayf al islam» dont la stratégie guerrière, selon le dit barbu, était de couper les têtes des ennemis puis de jouer avec elles pour terroriser les populations. Le wahhabisme, pour diffuser son idéologie morbide, réédite les classiques de la tradition islamique en les manipulant. Le site al rassed (le vigile- Koweït) a lui pour ambition avec ses maigres moyens de relever puis réfuter point par point en comparant les anciennes éditions avec les nouvelles pour mettre à nu les malversations scripturaires que les prédicateurs dans leurs émissions sur les chaînes satellitaires et le net utilisent pour leur propagande anti chiite. On note par ailleurs l’utilisation de couvertures colorées attrayantes moins austères destinées sans doute à un public plus jeune qui ne lie que très peu. L'ampleur de cette forgerie est considérable comme le relève «le Vigile» puisque, du Golf à Damas via le Caire, c’est toute l’histoire islamique, sa mémoire qui de fait est défigurée plongeant ainsi irrémédiablement le musulman lambda dans une ignorance institutionnalisée.
La production TV déjà citée plus haut a créé la série «al Hassan et al Hussein». En introduction, une voix off dévoile au public que le but de ce feuilleton était de faire connaître aux masses saoudiennes avant tout l'histoire musulmane. Le but est de donner des clefs de lecture pour comprendre les vérités historiques.
On découvre par ailleurs dans l´ouvrage, version papier, à la page 191, un chapitre intitulé «al Farouq ('Umar) et l'amour qu'il portait à Fatima et 'Ali»! Tous les prédicateurs «nacibi» (ayant une aversion d'ahl ul bayt) se basent depuis lors sur cette «bible» pour réfuter les mensonges «des chiens de chiites» (dans le texte) voire encore le «li’llah thuma lil ta’rikh, pour dieu et l'histoire» qu'un professeur 'Ali al Mohsen a réfuté dans son «Lillah wa lil Haqiqa, Pour Dieu et la vérité» et ce n'est naturellement pas le seul ouvrage de propagande anti chiite dont les extrémistes wahhabites se servent. Mais qu'est ce qui fait donc tant horreur à ces gestionnaires du sacré wahhabites allant jusqu'à défendre l’indéfendable? Les fidèles sont induits constamment en erreur puisqu’ils s’abreuvent sans aucun discernement et attention minimal sur ces «mentors». Nous avons mis en lumière plus haut le manque de respect de ‘Umar vis à vis de l’Envoyé de dieu; la tradition a fait par ailleurs de Muhammad ce que le coran refusait strictement: le culte de la personnalité. En effet, «il n'est qu'un simple mortel» dont le seul miracle est d'avoir transmis le coran, la parole de dieu, en tant que simple réceptacle. L’orthodoxie sunnite justifia alors sa théorie de «l’illettrisme» du prophète. Les eulogies répétées à tout bout de champs par des gestionnaires du sacré voire des anonymes dans leurs causeries sur le net deviennent vraiment indigeste à l’écoute pour un auditeur un rien critique outre un contenu souvent inintelligible. Il n’est plus question ici de respect envers un prophète de dieu, mais bien d’une véritable idolâtrie que le coran n’admet en aucun cas.
De l'autre coté de l'échiquier musulman, nous avons les chiites ou «les perdants de l'histoire» ainsi nommés dans notre sous titre. Les fidèles d´ahl ul bayt compilèrent leur propre corpus de tradition canonique à l’instar du al Kafi ou le livre qui suffit d´al-Kulayni par opposition au sahih, authentique des sunnites...Toutes ces appellations sont polémiques. Les chiites cultivèrent une attitude religieuse de dissimulation, taqiya, au regard des contextes successifs meurtriers dont ils furent les victimes. Mais, la dissimulation n’est pas spécifique aux fidèles de ‘Ali puisque Muhammad déjà la pratiquait...
fin
1. Ce sont les deux petits fils du prophète, enfants males de Fatima et Ali...
2 La mémoire est le disque dur d’une civilisation...
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